Un endroit où s'abriter

Je me sens à l’abri. Je veux t’amener dans mon refuge. Ici il n’y a plus de reproches. Mes blessures guérissent. La vitesse parcourt mon corps et s’évapore. Sens-tu le calme ? Bois un peu. Avale. Ici je respire pour moi et pour toi. La peur n’existe pas, je me sens à l’abri. Je veux t’amener dans mon refuge pour t’avouer tout ce que je n’ai pas su arrêter d’être. Rien ne nous dérangera et tu pourras enfin m’écouter. Ici il n’y a plus de disputes. Il n’y a pas de cris. 

Au milieu de cette solitude silencieuse je veux t’amener dans mon refuge. J’ai peint la quiétude en bleu, ma couleur préférée. Comme ça je me sens à l’abri. Je veux t’amener à mon refuge pour que tu te dénudes des mots que tu n’as pas su me raconter. J’ai toujours la même odeur? Dis-le-moi. Maintenant ça n'est plus la peine que rien ne nous manque. Tranquille. On serait à l’abri. 
Il y a du papier dans le frigo. Si tu acceptes de venir, je te prépare quelque chose et je te chante. Viens toute seule pour commencer, et ensuite, viens avec toutes les autres.

Je me sens à l’abri. Je veux vous amener dans mon refuge. Je n’aurai plus de secrets, papa. Tout sera rangé et propre, maman. Ce que vous ne comprendrez pas je vous l’expliquerai. Nous pourrons parler de tout ce que vous voudrez. Vous en pensez quoi ? Ici on aura le temps. Ici maintenant tout est différent. Ceci est mon refuge, et j’y suis celle que je peux être. Pour l’instant ici, et pas là-bas. Cet ici je ne sais pas si c’est le mien, mais je me sens à l’abri. Maintenant.

Je veux vous amener à mon refuge pour que vous restiez tranquilles. Si vous acceptez de venir, nous serons tous ensemble et je vous tiendrai par la main.

Je me sens à l’abri ici et toi tu es là, sur une photo. Je te regarde et la photo fait semblant de me regarder et tu me renvoies la paix de ton toucher. Je ne t’oublie pas. Nous étions un lieu. Où seras-tu ? Maintenant tu habites dans chacun de mes espaces parce que je n’ai pas eu où te dire au-revoir. C’est pour cela que tu vivras partout. Partout ici aussi, dans mon refuge. C’est comme ça que je le veux, j’ai besoin de toi pour me sentir à l’abri.

Ici vous seriez avec moi jusqu’à ce que tout soit fini.

Plus tard, nous déciderons où laisser s'envoler les papillons quand la pluie dehors s’arrêtera.

*Texte sélectionné pour le nº10 du Fanzine Disparates del Colectivo Guayabo:
https://issuu.com/guayabocolectivo/docs/aislad_




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