Jusqu'aux nuages


A l’aéroport, c’est l’envie de te voir qui a sonné
et j’ai imaginé que la femme qui me fouillait,
c’était toi…

Une fille qui, elle aussi, attend,
me demande : « où vas-tu ? »
je lui réponds : « je ne sais pas, et toi ? »,
lui retournant le coup de révolver.

Moi qui préfère venir,
plutôt qu’arriver,
ou partir…
J’imagine tes trois premières lettres
sur la destination de chaque vol.

Cette ville n’attend personne
car j’occupe toutes ses salles d’attente,
cherchant ton nom.

Quand tu reviendras,
on ira à Copenhague, Barcelone, Prague, Genève…
et on parcourra main dans la main
toutes les rues
pour s’embrasser sous
chaque
réverbère.

Et on courra derrière tous les chats
Et les chats courront derrière nous.
Quel bordel !

La ville se réveillera les yeux mis-clos,
renversant de ses pattes ensommeillées les cafés des fonctionnaires.

Aujourd’hui, toutes les manières d’aimer me semblent de précipices !
Toutes celles qui se perdent dans les bonnes manières.

Quelqu’un sur le siège d’à côté
me dit que nous allons atterrir…

Tu te souviendras que ce poème est chargé d’avions
qui ne demandent qu’à ce qu’on les rejoigne.

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